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Espace, frontière de l’infini.. Ceci sont les voyages du Dude, un vieux cargo intersidéral datant du crépuscule de l’ère du jeu video. Sa mission : explorer l’espace-temps jeuvidéoludique à la recherche des origines des jeux video, leur histoire, leur évolution!

Dès ses débuts, le jeu vidéo a toujours été un territoire fertile pour l’imaginaire si chèr a la science-fiction. Space Invaders, Asteroids, Defender…les toutes premières bornes arcade à succès en étaient la preuve. Néanmoins, ces jeux qui sont à la base du genre Shoot-em-up (ou encore SHMUP) ne demandaient jamais beaucoup plus que de très bons réflexes. Certes, on essaya d’y ajouter quelques éléments de stratégie ou d’aventure/exploration, mais l’intérêt principal restait toujours au bon vieux dézinguage d’alien.

Il fallut attendre 1984 pour qu’un nouveau genre s’impose : le jeu d’exploration et de combat spatial. Ian Bell et Dan Braben sortaient leur petit bijou ELITE sur micro-ordinateur BBC Acorn (un des nombreux ordinateurs de l’ère 8-bits à côté du Atari 800, Sinclair Spectrum et du mythique Commodore 64)

ELITE fut un des premiers jeux avec un univers entier généré de facon procédurale (comment faire tenir autrement des galaxies entières, chacune contenant des centaines de planètes, sur le maintenant microscopique support d’une disquette?). Le joueur pouvait évoluer dans cet univers à bord de son petit vaisseau d’exploration (qu’il pourra améliorer, voire, changer), le tout en 3D vue subjective en fil-de-fer. Chaque planète, qu’on pouvait atteindre via hyper-sauts, avait ses paramètres précis, comme son type de gouvernement (démocratie, dictature, anarchie); sa classe de terraformation (planète désert, arctique, aquatique) - et son économie dictée par tous ces paramètres. Car si le joueur pouvait en effet upgrader son vaisseau d’origine (le fameux Cobra Mk III), tout cela coûte de l’argent (en occurrence les Credits). Et les creds, on les gagne en complétant des missions, en dégommant des pirates de l’espace et surtout… en marchandant. Car chaque planète possède une bourse de produits avec des prix fluctuant selon des lois économiques de base de l’offre/demande. Sur ces principes de base venaient se greffer un gameplay totalement open world : au joueur de voir s’il veut rester dans le mercantile, s’il veut devenir pirate, chasseur de tête, ou juste explorer… toujours avec la perspective de gagner en rang, qui partant du “Principalement inoffensif” à travers le “Dangereux” vers le statut tant convoité de ELITE.

ELITE a eu deux successeurs, Frontier : Elite 2 et Frontier : First Encounters, deux projets à l’ambition démesurée (car avec le passage au PC, l’univers à explorer s’est encore plus enrichi : on avait droit à des systèmes solaires entiers parfaitement modélisés en temps réel et le jeu est surtout devenu bien plus complexe avec le rajout d’un modèle de vol “réaliste”, obéissant aux lois de Newton. Les jeux n’ont malheureusement pas eu le succès de leur ancêtre car ils étaient buggés et beaucoup plus difficiles à prendre en main, surtout à cause de ce nouveau modèle de vol.

Eve Online, en gros la variante MMO de ELITE, nécessitant un BAC +3...Depuis lors, de nombreux jeux ont vu le jour qui ont pu, à des degrés variables de succès, étoffer le genre : la série des Privateer, qui a su innover en introduisant un scénario au jeu de base; la série des X, qui a rajouté une gestion économique et une belle surcouche de ce que l’on appelle les jeux “4X (eXplore, eXpand, eXploit, eXterminate); il y a aussi Eve Online, en gros la variante MMO de ELITE, nécessitant un BAC +3 en économie politique, administration des affaires et connaissances mafieuses. Mais la liste ne s’arrête pas là : Independence War, Darkstar One, Evochron, et toute une ribambelle de clones plus ou moins bien faits du jeu original. Mais à vrai dire, jamais vraiment l’essence même d’ELITE n’avait pu être capturé par ces tentatives.

ELITE DANGEROUS donnera le choix au joueur dès le début d’évoluer dans un univers vaste, très vaste.Retour en 2013 : le bon père Braben, à renfort de crowdsourcing, a mis en chantier ELITE : DANGEROUS, qui devrait sortir pour le 30ème anniversaire du jeu original. La grande innovation que ce “ELITE 4” nous promet sera la possibilité de jouer en ligne, avec un gameplay émergent et une histoire que les joueurs vont façonner au fur et à mesure. “On se rapproche donc tout a fait de ce que propose EVE ONLINE”, vous allez me dire… Oui, en effet. Sauf qu’ici, les combats seront vraiment une mesure des skills de pilotage des différents joueurs… et pas une mécanique typiquement MMOesque où on cible son adversaire et on laisse faire ses stats le boulot…n’ “Ah mais ce sera donc un concurrent direct à Star Citizen”, vous allez me dire! En effet… mais je pense qu’il faut pas oublier l’héritage de Star Citizen, successeur spirituel du vénérable Wing Commander une expérience cinématique, assez bien scriptée, qui mettra le joueur de Star Citizen dans le centre de l’action pour le lâcher ensuite dans un monde ouvert alors que ELITE DANGEROUS donnera le choix au joueur dès le début d’évoluer dans un univers vaste.

Personnellement, en joueur de la première heure du genre, je ne peux renier mes racines de fanboy d’ELITE, même si, bien sûr, j’ai passé par après de nombreuses heures sur Wing Commander et, surtout, Privateer 1 et 2. Pour moi, il n’y a que ELITE et ses nombreux clones plus ou moins bien réalisés qui ont su me captiver pendant des heures, alors que les jeux de combat pur finissaient toujours par me lasser. Trouver la bonne marge de bénéfice pour faire passer des marchandises, en évaluant le risque relatif de passer par un système planétaire anarchiste, faire le plein de carburant en “surfant” dans l’héliosphère d’un soleil, et aller toujours plus loin de galaxie en galaxie, et peut-etre tomber enfin sur le nullspace, ou étaient sensé se cacher des extraterrestes, les fameux Thargoïdes, voilà que quelques uns des grands moments de l’époque qui faisaient le charme de cette oeuvre séminale..

Par contre, je pense qu’il ne faut pas essayer de mettre les deux nouveaux jeux en compétition; tous les deux, j’espère, vont nous faire vivre une expérience similaire - les moyens d’y arriver seront différents : explorer l’univers et “boldly go where no man has gone before!”

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