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Les deux dernières années ont été une aubaine pour les jeux d'horreur. Slender, ses multiples clones plus ou moins bien fait et son excellent remake Slender The Arrival, les différentes versions des jeux SCP,  il n'y avait pas un mois ou la scène indie ne nous a pas donné de quoi avoir des frissons sur PC. Amnesia : The Dark Descent était sans doute la cerise sur le gâteau en 2012 avec ses mécanismes empruntés à la série des Penumbra et ses références Lovecraftiennes. Et la fin 2013 nous promet encore d'autres belles sorties dans le genre : Among the Sleep et, en 2014, Evil Within pour en citer que quelques futurs titres phare…

Et justement, en parlant de titres phares, on a eu l'énorme plaisir en ce mois de rentrée de voir sortir deux oeuvres magistrales qui, tout en proposant une différente approche du jeu video d'horreur, puisent dans les mêmes registres : j'ai nommé Outlast et Amnesia : A Machine for Pigs, dont je vous propose un petit test "back-to-back".

Des perles aux cochons.

Commençons peut-être par la "suite" de Dark DescentA Machine for Pigs. Si vous avez joué à Dark Descent, vous retrouverez de suite vos repères : une fois de plus, vous vous réveillez avec ce qui semble être une perte de mémoire - non plus dans un château médiéval, mais à l'intérieur d'une maison vaste de l'ère victorienne. Votre seul équipement est une lanterne électrique, indispensable dans les couloirs sombres de la bâtisse qui cache, dans des des profondeurs lugubres aux effluves miasmatiques, une gigantesque machine dont l'utilité ne vous sera révélée que bien trop tard...  Votre seul guide : des notes éparpillés sur votre chemin et des flash-backs qui se déclenchent à des moments-clés lors de votre périple, qui va une fois de plus ressembler à une descente aux enfers. Car en partant du pitch relativement sain du père de famille que vous incarnez et qui doit retrouver ses deux enfants qui sont perdus dans les entrailles du bâtiment, on va vite passer à la vitesse supérieure avec des couloirs hantés de créatures difformes  et un esprit mi-homme mi-machine adepte de sacrifices humains...

Autant le dire tout de suite, c'est là que les similitudes avec l'oeuvre séminale Dark Descent s'arrêtent. Car A Machine for Pigs n'a pas été développé par Frictional Games : les sbires suédois ont fait appel à The Chinese Room, créateurs du très original Dear Esther, pour établir ce nouveau scénario. Du coup, le jeu s'en trouve transformé : exit l'inventaire, fini les puzzles plus complexes, et aussi, adieu la gestion des sources de lumière : votre lanterne n'a plus besoin d'huile pour fonctionner; les rares objets qu'on doit utiliser pour débloquer des énigmes doivent être porté un à la fois. Les liens avec les mythes lovecraftiens sont aussi moins prononcés (mais en est-on vraiment sur..? AMFP existe dans le même univers que Dark Descent et fait directement référence à ce dernier...).

La même chose, mais différent.


Amnesia : The Dark DescentLes fans de Dark Descent vont donc probablement crier au scandale, car AMPF laisse tomber certains, si pas tous les mécanismes qui donnaient leur charme à la mouture originelle... mais il ne faut pas comparer les deux jeux, même si à la base ils ont beaucoup de dénominateurs communs. A Machine for Pigs joue bien plus sur la création d'une ambiance extrêmement malsaine ! Là où Dark Descent nous donnait des frayeurs et instaurait une terreur constante, une peur de tomber sur un ennemi indestructible qui va  vous pourchasser jusqu'à la fin, AMFP est comme un voyage initiatique, un film de Cronenberg ou encore Lynch, qui construit lentement une sensation de malaise, et qui entraine le joueur dans une terreur plus viscérale, pour arriver à une conclusion dantesque. Pas trop de "jump scares" dans ce volet, mais une terreur qui vous prend lentement, inexorablement aux tripes...

Coté graphique, rien a changé par rapport à Dark Descent, c'est le même moteur graphique mais je trouvais que la gestion des effets de la lumière était moins flagrants que dans Dark Descent... les passages obscurs ne le sont pas vraiment, la disponibilité quasi illimitée de la lumière électrique rend a priori les décors moins oppressants, néanmoins, The Chinese Room a bien fait ses devoirs et va détourner cet état de fait de manière très habile; je vous laisserai découvrir ce "gimmick" pour ne pas spoiler... 

AMFP joue la carte de l'ambiance pure et est sans aucun doute plus hermétique d'accès que Dark Descent. Moins de choses à faire, moins de puzzles, moins de moments "choc"... mais pour peu qu'on se laisse aller dans ce manège tout en reconstruisant l'histoire, on se rend compte que AMFP est bien plus "dark" que Dark Descent ! (note de Washisama : "Je crois que c'est ce qu'on appelle un comble ? Non ? Au temps pour moi...") Mais si vous êtes à la recherche de frayeurs du type "des choses vous sautent à la tête toutes les 5 minutes", il vaut peut-être mieux louvoyer du côté de notre deuxième contestataire ! J'ai nommé : 

Outlast : Prepare to die!

Outlast ! Tout est dans le titre : "survivre" dans le sens "vivre assez longtemps"! Outlast, produit par The Red Barrels (compagnie formée par plusieurs personnes qui ont bossé entre autre sur les différents Splinter Cell et Assassin's Creed, donc assez balèzes niveau scénarisation de jeu) nous propose d'endosser la personnalité de Miles Upshur, journaliste d'investigation. Miles a reçu un scoop d'un informateur anonyme qui le mène à l'asile pour aliénés Mount Massive dans le Colorado. Apparemment, il y a des choses pas très nettes qui s'y passent. Il faut que l'opinion publique soit avertie, que les crapuleuses machinations de la corporation Murkoff, qui gère l'asile, soient mises à jour ! Et Miles, en bon journaliste gonzo, se décide d'aller y faire un tour, armé de son caméscope à vision infrarouge...

Très vite, Miles se rendra compte que quelque chose de très, très mauvais s'est passé à l'asile : il découvre rapidement qu'une escouade policière SWAT l'a précédé, probablement pour faire le ménage et mettre un terme aux agissements de la Murkoff. Or, ces hommes, armées jusqu'aux dents, Miles va rapidement les retrouver, mis en charpie par on ne sait quelle force démentielle; les internés, horriblement mutilés et armés de gourdins et armes tranchantes de fortune sont en cavale dans le bâtiment, et Miles va se retrouver au prit au piège... son seul salut : fuir cet endroit, tout en documentant (conscience professionnelle oblige!) le plus possible, à l'aide de sa caméra, ce qui s'est passé à Mount Massive.

Outlast se joue une fois de plus en vue à la première personne, et on est bel est bien "dans la peau" de Miles, car il s'agit ici d'un FPS ou, en descendant le regard, on peut voir le reste du corps de son personnage, avec son inertie lors des mouvements et sauts... chose qui va être tirée a profit dans le jeu tout au long de nos déambulations dans les couloirs et salles de l'asile. A tout moment, Miles peut utiliser son caméscope pour enregistrer tout ce qui lui semble nécessaire et activer la vision nocturne de l'appareil, pour pouvoir avancer dans la pénombre. L'activation de la vision nocturne draine plus rapidement les batteries du caméscope, mais vous trouverez des batteries de temps à autre, ici et là. Vous mettrez également la main sur des documents éparpillés qui vont vous révéler au fur et à mesure ce qui se passe vraiment a Mount Massive. 

Dans l'asile, personne ne t'entendra crier...


OutlastEt le calvaire de Miles est sur de vous faire perdre des plumes! Outlast joue tous les registres du Survival Horror : séquences de course-poursuite dans des couloirs labyrinthiques ponctuées par des attentes angoissantes, caché dans un placard ou sous un lit; avancées à tâtons dans le noir absolu, jump-scares à foison, ambiance malsaine agrémentée par les cris et chuchotements des aliénés qui rodent dans les couloirs. L'utilisation de la vision nocturne est à double tranchant, car l'image est en basse résolution, avec un champs de profondeur limitée, le tout en ce vert trouble qui ne montre les objets (et personnages!) qu'à la dernière seconde. Souvenez-vous de ce passage à la fin du Silence des Agneaux, ou Jodie Foster se fait suivre par Buffalo Bill dans son antre! Et bien sur, à de rares exceptions près, Miles ne peut pas se défendre et encore moins se battre contre les adversaires qui, eux, peuvent compter sur leur bestialité de fous furieux dénudés complètement de toute éthique et morale... Outlast va vous tenir en haleine, perso, j'ai pas su faire des séances de plus de 10-15 minutes à la fois tant le jeu me foutait les boules!

Ceci dit, Outlast n'est pas sans défaut. Et je précise, défaut au singulier, car le seul "problème" que j'ai eu avec le jeu était que passé un certain moment, ça traîne un petit peu trop. Pour une fois, le jeu aurait gagné à être un peu moins long. Car contrairement aux autres oeuvres du genre, si on explore tout Mount Massive, on dépasse rapidement une heure, voire deux heures de jeu 'in-game'. Et au rythme des abominations et autres horreurs qu'on découvre, c'est l'équivalent d'un bon film d'horreur non-stop (hormis le petit passage à vide dont je parle ci-dessus).

En conclusion, deux jeux d'horreur excellents, le premier axé sur l'horreur psychologique et l'ambiance, le deuxième sur le survival-horror et le spectacle grand-guignolesque. Incontournables pour les fans du genre, je mettrai juste un petit avertissement pour A Machine of Pigs qui, à cause de ses partis pris, pourrait décevoir les gens qui s'attendaient trop a un Dark Descent 2; deuxième avertissement pour les gens sensibles concernant Outlast : préparez vos couches-cullotes.

Les + (AMFP)

  • Ambiance!
  • Suite Spirituelle de Dark Descent
  • Ça fait vraiment space

Les - (AMFP)

  • Pas vraiment une suite de Dark Descent
  • Gameplay simplifié

Les + (Outlast)

  • Ambiance!
  • Equivalent d'un bon film d'horreur
  • Ça fait vraiment peur

Les - (Outlast)

  • Quelques lenteurs à mi-jeu
  • Quelques passages de mort instantanée aléatoire

Editeurs : Frictional Games (Amnesia) / Red Barrels (Outlast)

Développeurs : A Chinese Room (Amnesia) / Red Barrels (Outlast)

Genre : Survival-Horror

Note : 16/20 (Amnesia) - 18/20 (Outlast)

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