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Vous avez lu la preview, nous avons eu le temps de jouer un peu in extenso depuis lors, voici la review de "The Banner Saga" et son univers très librement inspiré de la mythologie nordique! 

Le monde dans lequel se déroule The Banner Saga arrive à sa fin. C'est Ragnarok, le crépuscule des dieux, si cher aux mythologies nordiques, dans lesquels puise allègrement ce jeu. Depuis des centaines d'années, le soleil ne bouge plus dans le ciel, et se balance de façon paresseuse juste à la lisière de l'horizon, plongeant le monde dans un crépuscule infini, recouvrant les terres d'un linceul de neige, forçant les habitants à se terrer dans des villes bien protégés des forces de la nature. Des caravanes parcourent systématiquement un réseau éphémère, balbutiant entre ces villes-états, et une alliance chancelante entre les humains et les Varls (des géants humanoïdes portant des défenses sur leur front) permet aux habitants de ce monde de survivre. Mais de sombres forces qu'on avait cru éradiqués sont en train de ressurgir de leur stase millénaire : les Dredge, des horribles hybrides mi-homme mi-machine sont réapparu, s'attaquent aux convois et villes et risquent bien de faire éclater cette alliance et précipiter le monde vers l'annihilation finale.

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Gestion et RPG Tactique

Le joueur va, dans un premier temps, suivre une de ces caravanes et être responsable de son évolution. Au fur et a mesure que l'histoire se déroule, on sera amené à gérer la progression du convoi, qui va s'agrandir petit à petit pour finalement devenir une petite armée, et faire évoluer les différents protagonistes. Le tout ponctué par des séquences de role-play, où le joueur devra faire des choix cornéliens qui vont influer sur la suite des événements, et des séquences de combat tactique au tour par tour. Une fusion de plusieurs gameplay plutôt classique, qui remonte à des ancêtres comme "The Oregon Trail". Certes, mais c'est dans la réalisation  et dans le savant mélange que ce cocktail modeste va prendre tout son essor.

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Game Of Viking Thrones?

Car en effet, déjà au niveau de l'histoire, très rapidement, on va être confronté à suivre le destin de plusieurs personnages différents, et de scénarios à rebondissements multiples. Tout comme dans la saga littéraire "Le trône de fer" et son adaptation en série TV, il ne faut pas trop rapidement s'attacher aux personnages : le monde de The Banner Saga est aussi impitoyable, et même les "gentils" peuvent (et vont) mourir. Toute décision (qui est prise en répondant à un questionnaire à choix multiple) a une influence sur la suite des événements - et il n'y a qu'une sauvegarde automatique. Donc, pas moyen de revenir en arrière si l'on se rend compte qu'une décision faite il y a des heures auparavant va avoir des conséquences désastreuses. Comme dans la vraie vie, le joueur doit vivre avec ses choix, bons ou mauvais. 

De la bonne vieille bande dessinnée

Pour faire passer la pilule, The Banner Saga chatoie le joueur dans de merveilleux graphismes en 2D dessinés à la main et faisant penser aux anciens Disney, et plus particulièrement à "La belle au bois dormant". Des différentes scènes d'expositions où les différents portraits des intervenants viennent s'afficher et s'animer dans des champs-contre-champs et autre travellings, les voyages illustrés des convois à travers le paysage lugubre et enneigé avec des effets de scrolling et fourmillant de détails discrets mais du meilleur gout, The Banner Saga exsude la beauté et le travail de graphistes d'exceptions. Lors des séquences de combat, le jeu est présenté dans une vue isométrique du dessus, proche des X-Com et Fallout. La musique nous plonge dans cet univers incertain et peuplé d'ombres et de brouillards, et a été composé par Austin Wintory, compositeur de la B.O. de Journey, sorti en 2012, et récompensé par un Grammy en 2013, rien que ça! 

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Le nerf de la guerre

Finalement, voyons de ce qui en est du combat tactique, module dans lequel vous passerez sans aucun doute le plus de temps de jeu. Et pour cause. Nous avons dans The Banner Saga du bon et brutal RPG tactique au tour par tour. Si les premiers combats (qui font office de tutoriel) sont abordables, le jeu devient rapidement assez difficile, reflétant une fois de plus la dure réalité de cet univers. Tout comme dans Fire Emblem : Awakening, ou encore le mode Ironman dans X-Com, la mort est permanente - et tout comme vos choix dans la partie RPG seront décisifs, parfois il faudra sacrifier des personnages sur le champs de combat. Vous ne pourrez donc pas tous les sauver.

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Les mécanismes sont très classiques. Les différents personnages ont des stats et pouvoirs différents : les Varls sont des géants lents, mais avec une résistance accrue, et quand un Varl affublé d'une épée à deux mains tape (ou encore mieux, utilise son pouvoir de tornade de lames, tournoyant comme un derviche avec son épée virevoltante autour de lui), il fait de gros dégâts. Par contre, un Varl occupe 4 cases sur le plateau de jeu, et de fait, les personnages plus petits peuvent facilement l'entourer et lui mettre jusqu'à 8 coups par tour si le géant se fait encercler. Heureusement, tous les personnages disposent de la puissance de l'esprit, qui se remplit au fur et à mesure des ennemis terrassés, et qui permet de réaliser des actions exceptionnelles. Tous les personnages ont une stat d'armure et une double stat de force/santé. A chaque coup, on peut décider si on veut faire des dommages d'armure ou essayer d'attaquer directement la force/santé, tout en évaluant le risque qu'une telle attaque peut avoir si on n'arrive pas à percer la garde de l'ennemi. Et vu que la force/santé est une statistique unique, plus on blesse l'ennemi, moins fort celui-ci pourra taper - mécanisme bien connu des joueurs de Hearthstone.

Rien de nouveau à l'ouest... quoique! 

Pour finir, il faut se rendre a l'évidence : The Banner Saga ne va pas révolutionner le genre du Tactical RPG ou du jeu de gestion. Mais c'est un très bon amalgame de plusieurs gameplay classiques qui parvient à envelopper le tout dans une histoire passionnante et dans un univers peu commun. Et puis avec des personnages attachants, le tout parfumé par une finition extrêmement soignée. C'est une déclaration d'amour au genre et ça parvient à lui donner un air de nouveau. D'ailleurs, Stoic, le studio de développement, composé de trois anciens programmeurs-designers de chez Bioware, remarque qu'ils ont voulu réaliser le titre avant tout pour se faire plaisir. Personnellement, j'ai hâte de recommencer le jeu et de prendre d'autres directions pour voir quels autres dénouements ma Saga va me proposer.

Les +

  • Un univers dépaysant 
  • Des graphismes 2D magnifiques
  • Une intrigue passionnante

Les -

  • Courbe d'apprentissage assez élevée
  • Peut-être un peu rétro-chic

Développeurs : Stoic

Genre : Gestion/Tactical RPG

Note : 17/20

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