Sommaire

Fermer
thumbnail

C'est au tout beau et tout frais BotKamp Gaming Center de Bruxelles qu'Ubisoft Belgium m'a reçu pour une inoubliable journée découverte de South Park : Le bâton de la vérité. A un peu plus d'un mois de sa sortie officielle, j'ai eu le privilège de tester cet énorme RPG, ce concentré de vulgarité déjanté qui comme je l'espérais, se montre particulièrement prometteur !

Pour le fan que je suis

Un développement chaotiqueEn tant que fan invétéré de South Park, je me disais qu'adapter le dessin animé le plus piquant et le pus comique de ma jeunesse en RPG ne devait surement pas être une mince affaire et ce, quel qu’en soit le studio créateur. Obsidian Entertainement a pourtant tenté le coup il y a quelques années. Le premier trailer (publié à l'E3 2012) m'avait laissé de bonnes impressions et beaucoup d'espoirs. Mais au vu du passé vidéo ludique de cette cultissime série TV, des ennuis financiers connus par THQ et d'une certaine discrétion par rapport à son développement, je ne pouvais m'empêcher de douter concernant la qualité finale du titre.

Pour le plaisir !!!C'est cet été, lors de la Gamescom à Cologne, que je me suis rendu compte que South Park : Le bâton de la vérité avait véritablement du potentiel et qu'il pourrait probablement devenir un jeu très sympa. Peut être même le jeu qui saurait rendre hommage à l’œuvre télévisée de Tray Parker et Matt Stone ! Suite à une brève présentation et n'ayant eu que les grandes lignes du contenu à me mettre sous la dent, le projet fraîchement repris par Ubisoft avait pourtant su me séduire, me faire rire, dissiper quelque peu ma perplexité et remporter haut la main le titre de "Coup de cœur Gamescom 2013" sur Le Blog Jeu Video. Il y a quelques jours, au BotKamp Gaming Center de Bruxelles, en invité privilégié d'Ubisoft pour un Exclusive Event, j'ai pu balayer les dernières craintes qu'il me restait. Après y avoir joué pendant un bon moment, entamé l'aventure, découvert le scénario, pris en main le système de jeu et le gameplay, je peux l'affirmer : South Park : Le bâton de la vérité sera excellent, il fera plaisir à tous ses aficionados et mettra une baffe à tous les inconditionnels du dessin animé. J'ai joué, j'ai testé, je dois absolument vous raconter...

Ironic Fantasy

Auto-proclamé Grand Mage, c'est du tout grand Cartman !Comme dans tout bon RPG, avant de débuter l'aventure, il faut créer son personnage. On y échappe pas dans South Park. C'est en totale liberté qu'on peut créer un sympathique petit noir boutonneux rocker aux cheveux verts ou un gogole bigleux punk, voir pire ou mieux si le cœur m'en dit. Incroyable, la touche décalée South Parkienne se sent déjà à ce moment du jeu, alors qu'il n'est même pas commencé. Je rigole comme un fou des burlesques et multiples possibilités de créations. Dés lors, pas question pour le joueur d'incarner Cartman, Kyle, Stan ou Kenny, mais bien le petit nouveau du quartier qui par la force des choses se verra copiner avec les habituels sales gosses bien connus de la série. Cinq minutes de jeu et me voilà déjà recruté comme membre à part entière de l'armée d'un Cartman en plein trip Heroic Fantasy.

Passé ce panneau, il peut tout vous arriverAlors que je viens à peine de quitter ma maison, de rencontrer mon voisin Cartman, de choisir ma classe de combat (entre Guerrier/Voleur/Mage/Juif), que je m'entraîne paisiblement à l'utilisation des touches de la manette et aux différentes caractéristiques de mon métier dans son jardin transformé en royaume médiéval, je suis interrompu par l'arrivée des elfes (d'autres mioches déguisés pour la cause) venus dérober notre Bâton de la vérité, la source de tout pouvoir. Une fois la bataille perdue et le Bâton dérobé, le Grand Roi Sorcier Cartman m'ordonne de partir à sa recherche et le ramener au Royaume quel qu'en soit le prix. Vingt minutes de jeu et cette fois je suis embarqué dans une longue et épique quête pour devenir cool, qui m'opposera à une multitude d'ennemis, des enfants elfes aux jeunes gotiques se prenant pour des vampires, en passant par un garde de sécurité trop zélé, une célébrité déchue, un groupe de junkies en manque, la mission s'annonce difficile, mais je comprend à ce moment que South Park : Le bâton de la vérité reprend avec succès les gros clichés du jeu de rôle et les mêle à tout l'humour et le côté politiquement incorrect qui caractérise la série. C'est du pur bonheur...

La classe tout simplement

On croirait regarder un épisode non ?Ce qui me frappe dés le début du jeu et ce qui sera sans contestation son grand point fort à sa sortie, c'est sa réalisation. Le joueur est immédiatement propulsé dans l'univers cartoonesque et ultra coloré de South Park. Graphiquement, tout ce qui est affiché à l'écran impressionne et est fidèlement reproduit du dessin animé, à tel point qu'on croirait en train de regarder un nouveau long métrage South Park, mais en version interactive. S'il est vrai que les nouveaux venus, les adeptes de grosses productions, ou ceux qui ne connaissent pas du tout le monde de South Park auront un peu de mal à se faire à ce style très particulier de dessins minimalistes, d'animations basiques, les fans quant à eux vont tout simplement se courber et applaudir le travail effectué par l'équipe de développement. Comme je l'ai fait après quelques minutes de jeu à peine, ceux-ci ne manqueront pas de relever tout le soucis du détail, cette fantastique mise en scène, cette parfaite reproduction de la ville la plus timbrée des États-Unis.

Il est pas beau le "Royaume" de Cartman ?L'humour très "particulier" de South Park est également omniprésent. Je prend comme exemple le jardin de Cartman, transformé pour l'occasion en cour médiévale, à grand renfort de piscine gonflable faisant office de bassin de vision d'avenir, d'une litière pour chat en guise d'étable et j'en passe et des meilleures. Chaque classe de personnage possède aussi ses propres animations rigolotes, à chacun ses compétences complètement tordues, à base de toucher rectaux guérisseurs, de lancés de flatulences empoisonnées, d'électrocutions malencontreuses et autres attaques du même acabit. Personnellement, j'ai pleuré de rire à la vue de l'attaque de la pierre de lapidation. Etant de classe juive lors de cet essai, j'ai trouvé ce concept à peine tendancieux, diablement jouissif, marrant et efficace... Inutile je crois de vous parler des dialogues vulgaires, des éléments du décors débilos-malsains-moqueurs, de certaines références artistiques déclinées, des habituelles blagues racistes et/ou de mauvais goût,... tout est là comme dans la série qui fait notre bonheur depuis près de 18 ans, et on en bouffe puissance mille.

La baston

Faire caca, fait aussi partie du gameplay. N'oubliez pas de ramasser votre crotte !La prise en main m'avait fait un peu peur à la Gamescom, mais de ce côté aussi, mes craintes se sont avérées infondées. Déjà l'interface m'est apparue comme très claire et intuitive, faudrait vraiment être loin dans la forêt pour ne pas y adhérer dés les premières secondes, tant le tout paraît enfantin. Ensuite, le gameplay est expliqué via un petit tutoriel qui s'affiche à l'écran dés le début du jeu. Bouger, fouiller les armoires, ouvrir les portes, toute interaction possible avec un objet, le tir à l'arc,... toute manip' à effectuer s'annonce une fois l'opportunité d'agir présente et ce, même l'aventurée déjà bien entamée, au cas où un trou de mémoire se présenterait. Pour les combats, l'"entraînement de Cartman" prodiguera de manière simple et inventive tout ce qu'il y a à savoir, toutes les techniques à maîtriser pour avoir à l'avenir la parfaite gestion d'une baston.

Des ennemis... inattendus !South Park utilise un système de combat au tour par tour que l'on retrouve dans la plupart des RPG d'antan mais agrémenté d'une touche d'utilisation de timing pour effectuer des parades. Appuyer sur le bon bouton au bon moment permettra de mieux encaisser les coups, d'éventuellement créer une riposte et d'effectuer des attaques plus agressives. Le système de combat n'a donc rien de révolutionnaire, mais se montre efficace et tout aussi accessible que les phases de jeu en ville. L'aspect intéressant, encore une fois, relève de la possibilité de lancer toute une panoplie d'attaques complètement loufoques, voir appeler au secours des invocations trop excellentes (que je n'expliquerai pas, car se serait vous gâcher l'effet surprise). Déjà, les attaques de base ne sont pas mal dans leur genre, les attaques spéciales à MP sont encore plus tordantes, mais j'insiste sur le fait que les invocations ne vous laisseront pas indifférents. Si elle ne vous font pas pleurer de rire, elles auront au moins l'occasion de vous choquer à vie !

La pierre à l'édifice

Super PowaaaAprès cet essai du jeu, j'ai envie de dire que South Park : Le bâton de la vérité, a absolument tout dans sa besace pour arriver le 4 mars prochain comme un boulet de canon et se placer comme cet hommage à Troy Parker et à Matt Stone que j'attendais. Gonflé à l'humour, multipliant les références, constamment lié aux stéréotypes du jeu de rôle et facile à prendre un main, je peux prédire sans le moindre risque de me faire pendre en place publique que les fans de South Park l'accueilleront à bras ouverts et sans doutes une grande majorité des autres joueurs qui ne sont pas spécialement aussi attachés que moi à cet univers politiquement incorrect.

Oui, Kenny est une femme...Il me reste cependant deux interrogations qui ne trouverons leur réponses qu'après avoir terminé le jeu, deux questions qui tournent autour d'un éventuel "abus d'humour". Ainsi, je me demande si système de combat gardera son intérêt tout au long du jeu une fois les compétences les plus marrantes débloquées, ou s'appuie t-il uniquement sur cette avalanche de gags incessants au début du jeu ? Ensuite, que vaut réellement le pitch de cet épisode, est ce que le final de l'histoire sera capable de me surprendre et de me proposer une histoire, certes marrante, mais aussi intense et moralisatrice que l'étaient chaque épisode de la série télé...

 

 

Ce qui m'a inspiré :

  • - L'univers SP est fabuleusement reproduit
  • - Les voix de la série télé sont là
  • - L'humour lourd omniprésent et on s'en lasse pas !
  • - Les situations burlesques et inattendues
  • - L'ambiance Heroic Fantasy sur bien mise en place
  • - Les nombreuses références RPG et clins d’œils à l'actu
  • - Gameplay facile à prendre en main

Ce qui me perturbe :

  • - Les objectifs secondaires m'ont paru peu attractifs
  • - J'ai pas vu de boss vraiment "charismatique"
  • - Quid de l'intérêt à long terme et de la durée de vie ?
  • - Sans son Cartman en état de grâce, je suis pas sur que le jeu aurait cette même puissance
  • - Ce SP s’appuie t-il trop sur son humour ?

Editeurs : Ubisoft

Développeurs : Obsidian Entertainment

Genre : RPG / Aventure

Classification : Déconseillé aux -18 ans

Plateformes : PC / PS3 / Xbox 360

Date de sortie : 04 mars 2014

Degré d'attente : 89° (en sachant qu'à 100° je claque)

- Un petit extrait du jeu (Le début du jeu à vrai dire) : - Un autre extrait de gameplay plus axé sur le système de combat :

- Le making of avec les créateurs :

Plus d'images